Les femmes et les Jeux Olympiques

Les femmes et les Jeux Olympiques

Les compétitions sportives, en particulier les Jeux Olympiques, ont longtemps été l’unique propriété des hommes. Quelques rares femmes participaient au Championnat de France de Tennis dès 1897 avec trois concurrentes. D’intrépides montagnardes ont laissé leur nom à la postérité, entre 1800 et 1830, en réalisant des premières dans le massif du Mont Blanc (Marie Paradis, Henriette d’Angeville) mais tout cela restait anecdotique jusqu’au tournant du XXème siècle.

En 1896, en effet, Pierre de Coubertin crée les Jeux Olympiques modernes et, dès 1900, les femmes font leur apparition dans deux disciplines : tennis et golf. Cette année là, les jeux se tiennent à Paris et les stars sont Margaret Abbott, golfeuse américaine et Charlotte Cooper, tenniswoman anglaise. Cette dernière remporte le simple dames et le double mixte.1

Si l’on enjambe l’histoire des Jeux Olympiques pour parvenir aux derniers jeux, ceux de Londres de 2012, on constate un taux de participation féminine 45 %. La délégation américaine compte même plus d’athlètes femmes que d’athlètes hommes.  Le président du Comité international Olympique d’alors, Jacques Rogge, rappelle avec fierté que son institution s’est ouverte aux femmes dès les Jeux de 1900, avant même que le droit de vote ne leur soit accordé par un pays industrialisé.2

Ainsi, de la vision du père des Jeux olympiques modernes, Pierre de Coubertin, qui déclarait que « les JO doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devant être, avant tout, de couronner les vainqueurs », nous en sommes à une relative parité et à une participation internationale très large.

Cependant, considérant les JO comme une photographie intéressante de la position de la femme dans la société à un instant donné, on doit noter les récriminations féministes que l’on continue d’entendre.

Les discriminations mentionnées sont liées au nombre d’athlètes toujours majoritairement masculins et du nombre supérieur d’épreuves masculines que féminines, ayant pour conséquence l’attribution de plus nombreuses médailles aux hommes qu’aux femmes.

La question reste entière: la parité numérique est-elle le meilleur paramètre pour évaluer le rapport homme-femme? Et c’est la même question que Woman Attitude pose au sujet des entreprises et les comités de direction.

Plus grave : la « discrimination de genre » qui réclame, elle, l’abolition de la distinction des sexes dans toutes les épreuves.

Un article italien 4 explique : « Pour le moment, une telle idée ne semble pas soulever beaucoup d’enthousiasme car les faits montrent l’absurdité d’une telle prétention; en effet, la meilleure femme au marathon arrive encore 12 minutes après le meilleur athlète masculin; il y a encore plus d’une seconde qui sépare les hommes et les femmes dans la course des 100 mètres et plus d’un mètre dans le saut en longueur. Sommes-nous bien sûrs qu’il faille supprimer toute différence? Est-il certain que cette suppression apporterait un progrès pour les femmes? Et pour les hommes? Et pour les rapports entre les deux? D’autres experts souhaitent au contraire que, dans le sport, soit reconnue «une spécificité de la structure organique féminine», qui produit d’excellents résultats dans les disciplines où sont privilégiées «non pas la force et la puissance musculaire mais la résistance, la souplesse et l’agilité. La médicine sportive a mis en évidence comment, pour une moindre masse musculaire féminine et un nombre inférieur de globules rouges présents dans le sang, qui limitent le pic de puissance, fait contrepoids une plus grande ampleur de mouvement des articulations féminines et une moindre consommation d’oxygène pour un même effort».3 Pour comprendre cette idée il suffit de regarder la différence entre les épreuves masculines et féminines dans des disciplines come la gymnastique ou le plongeon. D’autre part il y a des disciplines pour lesquelles le sexe de l’athlète est insignifiant, comme pour les compétitions hippiques, où les hommes et les femmes participent normalement aux mêmes épreuves.  »

Et l’article de conclure:

« L’abolition de toutes les différences entre hommes et femmes est-elle le paradigme indispensable pour un meilleur rapport entre les sexes? Que veut dire être un homme?  Que veut dire être une femme? Comment valoriser la spécificité de chacun, de façon à réaliser une collaboration réciproque dans tous les domaines? »


1. Euronews http://fr.euronews.com/2012/07/23/jeux-olympiques-la-parite-hommes-femmes-en-ligne-de-mire/

2. France24 http://www.france24.com/fr/20120712-JO-2012-parite-londres-arabie-saoudite-delegation-feminine-boxe-jeux-olympiques-jo

3. M. Aiello, Viaggio nello sport attraverso i secoli, Ed. Felice Le Monier Firenze 2004, page 298

4. Conseil Pontical pour les Laïcs http://www.laici.va/content/laici/fr/sezioni/donna/notizie/le-donne-alle-olimpiadi.html

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